Préface

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Après un long et lent combat vers la fin des effets mentaux et physiques dévastateurs de la carence en iode, les pas du progrés se sont accélérés et l’objectif d’éliminer pratiquement les TDCI est en vue. L’iodation du sel est une visée dans la plupart des pays affectés et l’effort mondial pour vaincre ce problème est en train d’atteindre sa phase finale limitante.

L’histoire de cet effort est une leçon sur ce qui peut être accompli lorsque les scientifiques, les experts en développement et les dirigeants politiques travaillent ensemble pour converger leur attention et inciter à l’action sur une mesure de santé spécifique. Nous avons beaucoup appris sur la communication et la mobilisation. Nous avons aussi commencé à appliquer cette connaissance à l’établissement de partenariats avec l’industrie et avec d’autres intervenants qui peuvent aider à faire disparaître entièrement et définitivement les TDCI, d’ici l’an 2000.

Les scientifiques ont été les premiers à faire retentir le signal d’allarme. Pendant 40 ans, des années 1930 aux années 1970, la carence en iode a été généralement et de manière erronée associée au goître perçu comme un probléme esthétique parmi les peuples des collines et des montagnes. Le crétinisme, la conséquence la plus grave de la carence en iode, était en grande partie limité aux régions montagneuses et n’était alors considéré comme un probléme majeur de santé publique dans aucun pays. Pendant cette période, dans de nombreux endroits dans le monde, le sol continuait à perdre de l’iode à cause des inondations et de la surexploitation de la terre, épuisant la teneur des aliments en ce minéral et en propageant les effets des TDCI à travers les plaines et les régions côtières. Des endocrinologues, menés par le Dr. John Stanbury des Etats Unis et le Dr. Basil Hetzel d’Australie parmi d’autres, ont réussi à établir les TDCI comme la cause la plus évitable des lésions cérébrales. Ils ont montré que le goître visible ne représente que "le sommet de l’iceberg " en terme des dommages causés par les TDCI. Même de faibles niveaux de carence en iode peuvent inhiber la croissance cérébrale, de telle sorte qu’un enfant puisse perdre 10-15 points de QI. Des dizaines de millions de nourrissons et d’enfants sont atteints dans plus de 100 pays.

En reconnaissant l’impact économique et social évident des TDCI, les scientifiques médicaux ont rejoint des spécialistes du développement pour fonder le Conseil International pour le Contrôle des Troubles Dûs à la Carence en Iode (ICCIDD) en 1985. Ils ont indiqué la nécéssité d’une campagne mondiale utilisant le sel iodé comme moyen le plus simple et le moins cher pour débarrasser le monde de cette maladie très répandue. La campagne a été prise en charge par l’UNICEF et l’OMS. Au Sommet Mondial pour les Enfants en 1990, les dirigeants du monde ont accepté l’objectif d’éliminer les TDCI en tant que cause de lésions cérébrales et se sont engagés à vaincre les TDCI, en fixant les objectifs spécifiques de son élimination effective à d’ici l’an 2000.

Des progrès ont été effectués mais bien d’avantage reste à faire. Evidemment, les aspects techniques et scientifiques de la campagne sont cruciaux. Il est essentiel de suivre les progrès en santé par l’intermédiaire de la surveillance, du dépistage et des travaux de laboratoire et d’assurer la qualité du produit sel iodé à travers sa fabrication, son transport et son emmagasinage. Mais il est également important d’assurer la qualité du processus en totalité, particuliérement la communication et la formation nécéssaires pour faire connaître à tous l’importance de l’ingestion régulière de quantités minimes d’iode. Tout laisser aller dans l’utilisation de l’iode permettrait aux TDCI de réapparaître. Mener à bien l’objectif de l’an 2000 demande que la consommation de sel iodé soit une habitude à vie pour cette génération et pour toutes les générations à venir.

Maintenir le soutien politique aux travaux des TDCI à différents niveaux de la société, reste un facteur clé dans l’atteinte de l’objectif. Le monde ne manque pas de crises; chaque pays affronte des difficultés urgentes, et chaque communauté se bat pour venir à bout de ses propres problémes. Les ressources pour des programmes sociaux sont presque toujours rares et les travaux des TDCI doivent lutter pour la priorité, souvent sur des bases économiques. La lutte pour une attention au niveau politique et comportemental est en train de devenir de plus en plus compétitive. Les nouvelles technologies de communication ajoutent des canaux d’information en disséminant des messages à des publics cibles déjà surchargés.

Ce guide a puisé dans les observations collectives des consultations du ICCIDD dans de nombreux pays, se concentrant sur les aspects non scientifiques de l’effort mondial des TDCI. Il décrit le processus de contraction d’alliances avec différents éléments de la société qui détiennent un rôle dans la lutte contre les TDCI. Il recommande aussi l’approche de Mobilisation Sociale pour gérér les aspects communication des programmes qui visent à établir et à maintenir l’utilisation du sel iodé.

Les auteurs ont utilisé des matériaux provenant de plusieurs sources, dont l’OMS, l’UNICEF, la Banque Mondiale, la FAO, le Sevice de Nutrition de l’Administration Centrale de l’UNICEf à New York, les bureaux de l’UNICEF à Islamabad et à Quito, le Programme Contre la Malnutrition aux Micronutriments de l’Ecole de Santé Publique de Rollins à l’Université d’Emory à Atlanta, L’Institut International des Sciences de la Vie, Services de Population International, Manoff International à Washington et l’Initiative de Micronutriment à Ottawa. Le Dr. Claudia Fishman Parvanta du Programme Contre la Malnutrition aux Micronutriments et Cecilia Cabañero-Versoza de la Banque Mondiale, ont contribué aux sections sur la conception du message et sur les méthodes de création d’alliance dans le dernier chapitre.

Un grand nombre d’individus ont contribué à la préparation de ce guide. Les auteurs remerciement tout particulièrement David Haxton, un des spécialistes clés en développement qui ont défendu infatigablement la cause de l’élimination des TDCI et ont contribué à l’établissement du ICCIDD. David a été bien aimable de lire le manuscrit d’un bout à l’autre et d’avoir offert de nombreux commentaires utiles. A David Alnwick, Chef de la Section Nutrition de l’UNICEF organisation la plus active dans l’effort mondial des TDCI, qui a fourni l’avant-propos nous exprimons ici notre gratitude. Les appréciations pour leur soutien devraient aussi aller au Dr. Eduardo Pretell à Lima, Madame Raana Syed à Islamabad et Dr Mauro Rivadeneira à Quito pour leur coopération dans la fourniture de rapports et de matériel de vérification. Cependant, toute erreur ou tout défaut dans ce guide est de la seule responsabilité des auteurs

Jack C.S. Ling - Président, Comité d’Education/Communication, Conseil du ICCIDD

Cynthia Reader-Wilstein - Consultante en Communication

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